ISABELLE DE BORCHGRAVE
www.isabelledeborchgrave.com Isabelle de Borchgrave s’inspire énormément de ses voyages dans ses créations. Sur place, elle esquisse des scènes de rue, des vues de jardins, des intérieurs de palais, des attitudes, des vêtements, des paysages au soleil couchant. Elle peint des pages entières de couleurs « de là-bas » et dépose sur le papier ses impressions. Cette exposition « Les Silences du Bosphore » retrace son ancienne passion pour la Turquie et ses nombreux séjours dans ce merveilleux pays situé à la confluence culturelle de l’Orient et l’Occident.
De retour dans son atelier bruxellois, Isabelle de Borchgrave crée, peint, dessine et construit sur une grande table recouverte de tissus. C'est de ce tissu, buvard de son travail, que naît la composition d’un tableau. Un motif constitue le décor d'un vase ou un point devient l'œil d'un personnage.... À la recherche de jeux de transparences, elle mélange toutes les techniques de peintures : la gouache, le fusain, la craie, le pastel, l’huile, et l’aquarelle.
Isabelle de Borchgrave est née un crayon à la main! À l’école comme à la maison, elle ne cesse de dessiner. Elle peint sur les murs de sa chambre et lorsque l'espace vierge vient à manquer, on repasse une couche d'un blanc immaculé pour qu’inlassablement elle puisse recommencer…
Inscrite à l'âge de 14 ans aux cours d'arts graphiques du Centre des Arts Décoratifs à Bruxelles, elle continue à dessiner et approfondit les différentes techniques de peintures. Ses premières œuvres, essentiellement figuratives, seront jusqu'à la fin des années 70, assez naïves, joyeusement colorées, plutôt fantaisistes et proches du « pointillisme ».
Isabelle fait ses premiers pas dans le monde de la mode et du textile vers l’âge de 17 ans, en peignant sur le tissu de ses robes puis de celles de ses amies. Rapidement, forte d’un succès grandissant, elle décide d’ouvrir un atelier de Haute Couture qu’elle nomme « La Tour de Bébelle ». L’atelier fabrique alors autant de robes, de foulards que de bijoux et d’accessoires. Elle peint à la fois sur la soie, le cuir, la peau de chamois ou le feutre et essaye d’exploiter toutes les matières possibles et imaginables. Isabelle imprime les tissus la nuit, tandis que le jour, les couturières manient l'aiguille pour satisfaire les commandes toujours plus exigeantes…
Petit à petit, en réutilisant les chutes de tissu de ses robes pour créer des coussins ou des rideaux, elle abandonne doucement la mode pour se tourner principalement vers le tissu d’ameublement. Elle crée et produit ainsi toute une ligne de linge de maison et plusieurs collections de tissus diffusées sous le nom de « La Tour de Bébelle ».
Aujourd'hui, ce sont les maisons d’édition du monde entier qui viennent vers elle dans son atelier de dessin à Bruxelles, pour son talent inégalé et sa créativité sans cesse renouvelée. Les éditeurs y découvrent un lieu unique en son genre et une source d’inspiration illimitée. Ils y viennent pour construire et développer des collections de services, de châles, de tapis, de tissus mais aussi de papeteries diverses et de posters.
« Il faut beaucoup observer pour pouvoir réinventer, dessiner pour maîtriser le trait et lorsque la technique devient innée, elle laisse la place au geste libre, à la création pure » confie Isabelle de Borchgrave. Observer, par exemple, les maîtres flamands et admirer avec quelle aisance ils ont décortiqué et rendu l'épaisseur et la douceur d'une fourrure, la moire d'une soie, la délicatesse d'une dentelle et l'or d’un bijou, lui ouvrent les yeux. Observer la lumière chez les impressionnistes et leur liberté dans le choix des couleurs, la dynamise. En quête de réalité, Isabelle dessine principalement d'après nature. Elle essaye d’interpréter ce qu'elle voit, de posséder la couleur et la lumière mais ne veut surtout pas s'emprisonner dans la perspective car elle désire laisser le geste libre. Elle aime évoquer la beauté des choses simples qui l’entourent : le visage de ses enfants, les scènes de son jardin, l’intérieur de sa maison, les pigments dans son atelier, le coin d’une rue ou encore les souvenirs de voyages.
Son expérience en peinture sur textile, où le droit à l'erreur n'existe pas, où la main doit être sûr dès le premier instant, lui a beaucoup apporté. Elle peint debout : "j'aime balader la couleur sur la toile. C'est une sensation physique!"
Par le pinceau, Isabelle chasse les énergies négatives, la tristesse et la douleur. Cette grisaille n'a d’ailleurs pas de place dans ses œuvres. Résolument optimiste, elle jette ses joies et ses rêves sur la toile et estime que « si la peinture passe par une maîtrise technique, elle doit rester avant tout un jeu, un amusement, un plaisir ».
Le jeu des matières fait également partie de l’œuvre d'Isabelle de Borchgrave. Elle tire parti de tout ce qui lui tombe sous la main : un morceau de bois ramassé au bord de l’eau, des parchemins trouvés dans une cave oubliée, des vieux papiers peints patinés par le temps, des cartons abandonnés, ou encore la vielle nappe qui recouvre la table de son atelier. À la recherche de matité ou d’effets brillants et de transparences, elle mélange toutes les techniques de peintures : la gouache, le fusain, la craie, le pastel, l’huile et l’aquarelle.
Les voyages lui sont d’une inspiration vitale. Avant de partir, elle prépare avec soin ce qu'elle appelle son « atelier de voyage » : un carnet fabriqué à l’atelier, une minuscule boîte de gouache, un crayon, de l'encre de chine, des bouts de papiers peints colorés, un tube de colle…
Sur place, elle esquisse des scènes de rue, des vues de jardins, des intérieurs de palais, des attitudes, des vêtements, des paysages au soleil couchant. Elle peint des pages entières de couleurs « de là-bas » et dépose sur le papier ses impressions d’un geste sûr et rapide, mixant les techniques pour raconter ces atmosphères éloignées de son quotidien.
Ainsi ces couleurs inédites tirées de l’instant présent font office d'archives et très souvent, en plein hiver, quand il fait gris, Isabelle tourne les pages de ses carnets pour s'inspirer et s’imbiber de ces harmonies tels les roses de Turquie, les ocres d’Egypte ou les bleus de Grèce.
Dans les années 90, après avoir visité une exposition d’Yves Saint-Laurent, au Metropolitan Museum, à New York, Isabelle a l’idée, pour le moins farfelue, de créer un jour une série de robes de papier qui raconte l’histoire de la mode. Ce sera pour elle à la fois un aboutissement et une folie. Un aboutissement puisque qu’elle ne devra suivre que ses envies, ses plaisirs, sans devoir répondre à une commande ; l’aboutissement également d'un long chemin parcouru dans les univers de la mode, du textile et du papier. Et finalement, une folie, puisque ces robes ne sont pas à vendre mais à regarder, à admirer! Elles ne sont que du rêve et ne servent qu’à faire rêver.
Ces robes de papiers, où la peinture devient tridimensionnelle, rassemblent de façon inédite tout son savoir sur la mode, les textiles, et ses talents de peintre illusionniste. Isabelle de Borchgrave retourne ainsi vers un monde qui était le sien à ses débuts et nous rappelle qu'elle a eu une maison de Haute Couture où elle créait ses propres collections de tissus. L’exposition « Papier à la Mode » aujourd’hui voyage de musées en musées à travers le monde rencontrant un succès toujours plus grand.